L’animation biblique de toute la pastorale

Résumé du mémoire de maîtrise de Frédéric Tremblay

Le mémoire complet est disponible pour le téléchargement en cliquant ICI

De Dei verbum…

En 1965, la constitution dogmatique Dei Verbum du Concile Vatican II a rappelé avec force et conviction  que l’Église « eut et elle a pour règle suprême de sa foi les Écritures […] [1]». Cette même constitution qui d’ailleurs reconnaît « la force et la puissance que recèle la Parole de Dieu[2].» Les Écritures constituent ainsi pour l’Église et les croyants, « la nourriture de leur âme, la source pure et permanente de leur vie spirituelle[3].» C’est pourquoi, les pères du Concile Vatican II, ont unanimement souhaité que « toute la prédication ecclésiastique, comme la religion chrétienne elle-même, soit nourrie et régie par la Sainte Écriture [4]».

…À Verbum Domini

Quelques décennies plus tard, c’est le pape Benoît XVI qui appelle à intensifier la pastorale biblique dans son exhortation Verbum Domini : « le synode a invité à un engagement pastoral particulier pour faire ressortir la place centrale de la Parole de Dieu dans la vie ecclésiale, recommandant « d’intensifier « la pastorale biblique » non en la juxtaposant à d’autres formes de la pastorale, mais comme animation biblique de toute la pastorale[5] ».

Il faut noter que plus de quarante ans séparent les propos de Dei Verbum sur la place centrale de la Parole de Dieu dans l’Église et ceux du Concile Vatican II. Or, le Concile n’avait-il pas été entendu et ses invitations pressantes déjà mises en œuvre ? Pourquoi était-il important de tenir un synode sur la Parole de Dieu dans l’Église ? Peut-être parce que certaines pratiques pastorales témoignent d’un rapport plus limité, difficile ou problématique avec les Écritures.

Au centre de la vie pastorale ?

À cette question, nous trouvons peut-être la réponse chez le théologien Daniel Laliberté, pour qui Verbum Domini « révèle une problématique latente [6]» et très large. Selon lui, affirmer qu’il faut intensifier la pastorale biblique, indique que celle-ci existe déjà. Mais cela exprime aussi qu’elle n’est pas  encore au centre ou au cœur de toute la vie ecclésiale.

Il faut savoir que parmi les perspectives ouvertes par l’animation biblique de toute la pastorale (ABTP), il est proposé, entre autres, de vivre un renversement de mentalité qui placerait la Parole au cœur de notre pratique. Pourrait-il y avoir là véritablement une perspective nouvelle pour l’Église ?  Est-ce que la conversion du rapport aux Écritures, comme le propose le concept de l’ABTP, peut réellement être à la source d’une authentique expérience ecclésiale et missionnaire ?

Pour mieux comprendre et mieux en vivre

Il s’agit là de ce à quoi s’intéresse cette recherche. En premier lieu, elle envisage de retracer le parcours de la naissance du concept de l’ABTP. Par la suite, il s’agira d’analyser différents textes du magistère et de théologiens abordant le sujet des écritures, de la Parole de Dieu et de l’Église, afin de s’en approprier les orientations proposées. Cela en vue d’en dégager une vision plus claire du rapport entre les Écritures-Parole de Dieu, activité missionnaire et expérience ecclésiale. Ce sera aussi l’occasion d’aborder et d’approfondir les enjeux implicitement liés à l’acte de lecture des Écritures. Enfin, peut-être cela permettra-t-il de dégager des avenues possibles ainsi que des pistes qui pourraient servir pour l’accompagnement et la formation des intervenants et des baptisés en vue de prendre le tournant de l’animation biblique de toute la pastorale.

Il est bien évident que le parcours vers la réponse à cette question n’est pas sans écueils. Et d’autres questions apparaîtront en cours de route. Et il n’est probablement pas possible de répondre à toutes pour le moment. Mais peut-être est-ce seulement en considérant l’ampleur du renversement proposé par l’ABTP, qu’il sera possible de réaliser que tout cela ne pourra advenir sans souffrir à certaines concessions ? Quels seraient les impacts sur la manière de faire la pastorale ? Sur la perception qu’ont les intervenants pastoraux sur leur propre rôle ? Sur la vie même des communautés chrétiennes ? Voilà ce que présente recherche tentera de découvrir.

*À noter que ce mémoire a été accepté et déposé officiellement en septembre 2020, à la Faculté des études supérieures et post-doctorales de l’université Laval de Québec.


[1] Concile Vatican II. Constitution dogmatique Dei Verbum, 1965, no  21.

[2] Ibid.

[3] Ibid.

[4] Ibid.

[5] Benoît XVI, Exhortation apostolique Verbum Domini sur la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église, 2010, no 73.

[6] Revue Lumen Vitae Vol. LXXII, n° 4 – 2017 (pp. 383-394)